Résilience et outils digitaux : Idées pour une « Résilience en tant que Service » – RaaS

En quelques semaines de confinement, la digitalisation et la notion de résilience dans son sens le plus large ont progressé de plusieurs années, voire d’une décennie.

Cette accélération met en évidence la pleine actualité de propositions auparavant déjà développées dans les domaines (toujours complexes à délimiter) de la sécurité, la gestion des risques, les mesures d’urgence et la résilience. De nombreuses initiatives d’innovation lancées au cours des dernières années dans différents secteurs, dans de nombreuses communautés, et concernant un large éventail de procédures opérationnelles de préparation, de prévention, de détection, de surveillance, d’intervention et de rétablissement, se révèlent aujourd’hui de pleine actualité. Cette situation est une opportunité pour apporter une aide à la crise dans ce que nous pourrions appeler la « résilience en tant que service ».

Le concept de résilience pourrait se définir, de façon très simplifiée, comme la capacité de se préparer à tout type d’évènement d’exception (une tempête comme Katrina, mais aussi une pandémie comme la COVID…), afin d’être en mesure de récupérer ses fonctions en temps opportun, de manière efficace, mais surtout avec un changement de trajectoire qui nous permettrait de dire que nous avons appris de l’impact surmonté.

La notion de Résilience a ouvert un éventail de réflexions théoriques avec plusieurs initiatives issues de la recherche et du secteur des organismes de coopération internationale. L’entrepreneuriat et l’investissement privé d’impact avaient également déjà visé à doter d’outils digitaux les différents secteurs concernés basés sur le « new » concept de résilience. Les chercheurs et innovateurs de différents pays ont essayé de faire adopter des outils opérationnels prêts à être utilisés par les villes ou les entreprises. Mais des études sur l’état de l’art des outils d’analyse de la résilience avaient montré la difficulté de prioriser l’investissement dans ce type d’outil et de créer des modèles économiques pour soutenir tous ces résultats de l’innovation.

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Malgré tout, la crise COVID pourrait avoir changé ce scénario et nous pourrions enfin faire appel pour nous aider à reconstruire nos activités à toutes ces initiatives dans les domaines de la ville intelligente, la gestion des catastrophes et des crises, la continuité d’activité, les menaces CBRNE (chimiques, biologiques, radiologiques, nucléaires et explosives), les menaces pour la santé ou la protection des infrastructures critiques, ou encore la plus large résilience sociétale. Dorénavant guidées par cette notion de résilience revisitée, ces technologies peuvent être plus que jamais pertinentes dans de multiples domaines.

Des outils digitaux pour le déconfinement dans nos entreprises, villes et territoires résilients

Il existe une multitude de technologies mises à disposition sur mode SaaS (outils SIG, plateformes middleware pour gérer les capteurs, plateformes de AI, plateformes interactives de gestion de contenu, CMS, Content Management System, plateformes de simulation de trafic, inondations, températures, Big Data…). Jamais autant de plateformes n’avaient été disponibles pour facilement créer des architectures, des algorithmes, ou des tableaux de bord visuellement spectaculaires. Des systèmes propriétaires, d’autres open source et d’autres hybrides : la bonne intégration et utilisation de tous ces systèmes accompagnés d’un bon service associé pourrait ouvrir un marché des plateformes utiles pour la gestion de la résilience et la continuité d’activité. Comme dans le cas des plateformes de visioconférence, il nous manque une pratique plus évoluée qui permettrait d’utiliser tout leur potentiel. Et maintenant, c’est le bon moment.

C’est avec toutes nos expériences, nos interactions et alliances globales qu’il faudra continuer à discuter pour enfin développer, grâce à nos technologies, un secteur qui pourrait participer à la création d’une nouvelle « résilience en tant que service » (« Resilience As A Service » ou RaaS….)

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Par exemple dans le domaine des plans d’urgence communaux ou des plans de déconfinement, nous sommes déjà capables d’intégrer des plateformes interactives de gestion de contenu (CMS) afin de partager et coordonner de façon digitale et plus efficace les différentes parties prenantes de la crise. Les Mains Courantes digitales, initialement utilisées par les équipes de protection civile, peuvent aussi enregistrer les décisions des comités de crise et des opérateurs essentiels, et créer une base de données d’évènements enchaînés qui aident à la prise de décisions et à capturer les savoirs tout au long de l’événement en apprenant des erreurs, idée inhérente au concept de résilience.

Concertant les services urbains et ses infrastructures, connaître les interdépendances et les potentiels effets cascade avec les autres services peuvent aider les préfets, cellules de crise et services municipaux dans nos territoires avec des algorithmes de simulation pour orienter sur les conséquences de chaque action de déploiement opérationnel d’un service, afin d’activer correctement un service ou une infrastructure municipale.

La géomatique (SIG) nous aide aussi déjà à visualiser les résultats des simulations sur une carte, à savoir comment se comporte un système hydrologique après un épisode de pluie ou comment d’autres systèmes tels que la mobilité évoluent avec un certain type de confinement, ou bien encore comment se comporte une foule avec certaines normes de séparation physique dans un bâtiment. N’oublions pas les apports liés à l’utilisation de l’imagerie satellitaire qui, ces jours-ci, nous a montré la réduction de la pollution, ou pourrait cartographier le niveau d’activité d’un territoire.

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Les outils analytiques des données, le IA, et les données provenant des différents types de capteurs pourront finalement être utilisés pour améliorer notre résilience dans les opérations de déconfinement ou de gestion d’événements pendant un confinement. Par exemple, les algorithmes d’analyse d’image permettent d’obtenir le numéro de masque dans un espace public à partir des images provenant des caméras publiques. La COVID nous a montré les bénéfices de disposer de données du terrain en temps réel, préparées pour être correctement traitées et interprétées.

C’est en ce moment inédit que je pense à tous ces acteurs qui ont créé toutes ces méthodes et technologies disponibles pour opérationnaliser le concept de Résilience qui est devenu dramatiquement de pleine actualité. Nous avons tous une opportunité de changement devant nous. C’est avec toutes nos expériences, nos interactions et alliances globales qu’il faudra continuer à discuter sur des sujets concrets et pratiques pour enfin développer, grâce à nos technologies, un secteur qui pourrait participer à la création d’une nouvelle « résilience en tant que service » (« Resilience As A Service » ou RaaS….) qui, au-delà des étiquettes marketing et des définitions académiques, pourrait être la clé pour reconstruire nos villes et entreprises, apprendre de cette crise et enfin, en sortir plus résilient que jamais face à de nouveaux défis que notre monde devra certainement affronter dans le futur.

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